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Ceux de 1914-1918

FUSILLÉS POUR L’EXEMPLE

Vaucluse

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BRUN (Fernand Marius)

Orange (Vaucluse) 20 février 1895

Bitschwiller-lès-Thann (Haut-Rhin) 1er février 1916, 20 ans.

Fils de Joseph Noël Brun et d'Adèle Emilie Clauzel. Célibataire exerçant la profession de cultivateur à Arles (Bouches-du-Rhône).

Incorporé le 17 décembre 1914 dans le 27ème B.C.A. (matricule N° 836 au recrutement d'Avignon), il quitte le dépôt de Menton (Alpes- Maritimes) en avril 1915 et combat dans les secteurs vosgiens du Vieil-Armand, de Metzeral, du Linge.

Son courage au feu vaut à Fernand Brun de recevoir la croix de guerre et d'être cité à l'ordre du bataillon le 5 juillet 1915 : « A fait preuve d'un beau courage pendant les combats du 15 au 22 juin 1915 ; sans cesse aux créneaux, a mis hors de combat de nombreux ennemis. »

Mais le 18 décembre 1915, il est évacué du front pour un problème au genou. Trois jours plus tard, sous la pression des médecins, Fernand Brun reconnaît s'être injecté de l'essence de térébenthine sous la peau dans le but de se faire porter malade. Il est déféré le 1er février 1916 devant un conseil de guerre spécial du 27ème B.C.A.

Interrogé, Fernand Brun ne peut que reconnaître les faits :

  • Qu'est-ce que vous avez à dire pour votre défense ?
  • Je regrette d'avoir commis cet acte d'indiscipline.
  • Lorsque vous vous êtes piqué, saviez-vous que le bataillon devait participer prochainement à une attaque ?
  • Non, on m'avait même dit que la compagnie devait redescendre à Thann.
  • Quand vous êtes-vous piqué ?
  • Je me suis piqué le 14 décembre au moment où la compagnie était remontée au camp des Dames.
  • Comment vous êtes-vous procuré l'essence de térébenthine ?
  • Je me suis servi de l'essence de mon briquet que j'avais rapporté de permission.
  • Saviez-vous pendant combien de temps cette piqûre vous rendrait indisponible ?
  • J’ignorais pendant combien de temps durerait l'effet de cette piqûre.
  • Depuis combien de temps connaissiez-vous le nommé julien ?
  • Je ne le connaissais que depuis deux ou trois jours lorsqu'il me donna la seringue.
  • Est-ce tout ce que vous avez à dire ?
  • Je regrette mon acte et demande à faire mon devoir comme par le passé.

Malgré de bons états de service, Fernand Brun est condamné à mort pour « abandon de poste en présence de l'ennemi par provocation de maladie ». Il est fusillé le jour même du jugement, à 13 heures 30, dans une carrière située à cent mètres à l'ouest des anciennes usines Scheurer de Bitschwiller-lès-Thann (Haut-Rhin).
Son acte de décès a été transcrit à la mairie d'Orange (Vaucluse) le 14 avril 1916.

Aujourd'hui inhumé dans le carré militaire du cimetière de Bitschwiller-lès-Thann (Haut-Rhin), tombe N° 1, son nom ne figure sur aucun monument aux morts.

SOURCES :

  • Arch. Nat., 324MI4, fiches des NMPF.
  • SHD Yincennes, 11J3195, JM.
  • La Provence, 11 novembre 2011.

CHAMBONNET *  (Anselme Albert)

Aizac (Ardèche) 1er mai 1880.

Béthincourt (Meuse) 14 février 1915, 34 ans.

Marié sans enfant, il exerce à Avignon (Vaucluse) la profession d'électricien.

Soldat de 2ème classe à la 1ère compagnie du 61ème R.I. (matricule N° 1486 au recrutement de Privas), il combat sur le front de Verdun (secteur de Béthincourt) dès le mois d'octobre 1914. Mais le 14 février 1915, au petit jour (5 h), Anselme Chambonnet est abattu alors qu'il tente de déserter à l'ennemi (son complice, un certain Pierre Cabantoux, parvenant lui à s'enfuir). Son corps sans vie est retrouvé le soir même (17 h), entre les deux lignes de front, par une patrouille partie à sa recherche.

L'acte de décès d'Anselme Chambonnet a été transcrit à la ville de Lyon (Rhône) le 9 juillet 1915. Son nom figure sur la liste des morts à la guerre de 1914-1918 de cette ville, ainsi que sur le monument aux morts de cette dernière

Inhumé dans un premier temps au cimetière de Béthincourt (Meuse), le corps d'Anselme Chambonnet a été transféré en 1920 dans la nécropole nationale de Chattancourt (Meuse), tombe n° 1116.

SOURCES :

  • Arch. Com. Lyon, fiches morts 14-18, 1576WP6/34
  • fiches des MPF.
  • SHD Vincennes, 26N655/12, JMO 1er Bon 61ème RI
  • Exécuté sans jugement préalable

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CHEVALIER (Jules Louis Lucien),

Saint-Michel (Alpes de Haute- Provence) 7 janvier 1881
Récicourt (Meuse) 21 octobre 1914, 33 ans.

Fils de Fortuné Chevalier et d'Adeline Maurel. Célibataire, il exerce à Saint-Christol (Vaucluse) la profession de cultivateur.

Soldat réserviste au 6ème B.C.P. (matricule N° 24 au recrutement de Digne), il combat dès septembre 1914 devant Bar-le-Duc, Verdun, Varennes-en-Argonne (Meuse). Mais le 30 septembre 1914 (16 h), alors que sa compagnie (22ème) est en première ligne dans le sous-secteur du pont des 4 Enfants., à l'ouest d'Avocourt (Meuse), Jules Chevalier disparaît au cours d'un bombardement. Parce qu'il ne rejoint son corps à Brabant-en-Argonne (Meuse) que le 5 octobre 1914, il se voit accusé d'abandon de poste et de désertion par ses supérieurs. Interrogé, il explique sa disparition du 30 septembre 1914 par l'état de choc dans lequel il se trouvait après l'éclatement d'un obus près de lui:

« Le 30 septembre, vers 16 heures, explique-t-il, alors que nous nous trouvions vers le pont des 4 enfants, la compagnie étant arrêtée sur la lisière du bois, j'ai entendu des obus tomber pas loin et quelqu'un a crié " en arrière " de sur la droite. Quand j'ai entendu crier, je ne sais pas pourquoi, j'ai été impressionné plus que d'habitude. Je me suis reculé et je suis entré dans le bois. J'ai marché comme ça dans le bois sans savoir où j'étais. Je suis resté toute la nuit dans le bois, puis toute la journée du lendemain, puis toute l'autre nuit, ne sachant pas si j'étais dans les lignes allemandes.

Le deuxième jour, j'ai encore marché dans le bois, n'osant toujours pas sortir. La nuit, j'ai dormi sous un arbre, j'avais vu vers le soir un hussard qui m'avait fait comprendre que j'étais dans les lignes françaises.

Le troisième jour au matin, j'ai rencontré un artilleur qui m'a dit qu'il y avait des chasseurs à Brabant. Je me suis dirigé sur Brabant où, vers 16 heures, je me suis présenté à la section du sergent Lombard (du 24ème chasseurs). Le soir même, je me suis présenté au lieutenant-colonel commandant le 24ème chasseurs qui m'a dit que le 6 ème devait venir cantonner à Brabant le lendemain.

Le lendemain soir (dimanche), vers 16 heures, quand le 24ème est parti, le lieutenant-colonel m'a encore dit d'attendre le 6ème bataillon qui est arrivé dans la nuit. Je me suis présenté le lendemain à mon commandant de compagnie. »

Déféré le 19 octobre 1914 devant le conseil de guerre ordinaire de la 29ème D.I., Jules Chevalier est condamné à mort pour « abandon de poste et désertion en présence de l'ennemi ». Il est fusillé à Récicourt (Meuse), le 21 octobre 1914 (6 h 30), en compagnie du soldat Etcheverry.

Son acte de décès a été transcrit à la mairie de Saint-Michel (Alpes-de-Haute-Provence) le 16 décembre 1916. Son nom figure sur le monument aux morts de cette commune.

SOURCES :

        * Arch. Com. Saint-Michel, naiss.
        * Arch. Nat, 324MI5, fiches des NMPF.
        * SHD Vincennes, 24N623, 29e DI.
        * Y   SHD Yincennes, 1111130, 11)1134, JM 29e DI.

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DAUVERGNE (Prosper Valentin Marie)

      Avignon (Vaucluse) 27 mars 1890.

Souilly (Meuse) 20 mai 1915, 25 ans.

Soldat de 2ème classe au 58ème R.I. (matricule N° 1370 au recrutement d'Avignon), il est condamné à mort le 19 mai 1915 pour « abandon de poste, voies de fait envers un supérieur, ivresse ».

Prosper Dauvergne est fusillé à l'ouest de Souilly (Meuse), le 20 mai 1915.

Son acte de décès a été transcrit à la mairie d'Avignon (Vaucluse), lieu de son dernier domicile civil. Inhumé dans la nécropole nationale de Rembercourt-aux-Pots (Meuse), tombe N° 204, son nom ne figure sur aucun monument aux morts.

SOURCES:

  • Arch. Nat, 324MI6, fiches des NMPF.
  • SHD Vincennes, 11J3185, JM.
  • La Provence, 11 novembre 2011.

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LANÇON (Julien Louis François)

La Bastide-des-Jourdans (Vaucluse) 11 février 1893.

Sarcus (Oise) 22 octobre 1916, 23 ans.

Fils de Marius Lançon et de Louise Figuière. Cultivateur résidant à Saint-Rémy-de-Provence (Bouches-du-Rhône).

Incorporé au 8ème R.I.C. le 21 novembre 1913 (matricule n° 1609 au recrutement d'Avignon), il combat en 1914-1915 sur le front de Champagne (secteurs de Beauséjour et de la main de Massiges), avant d'être envoyé tenir la ligne dans la Somme. Julien Lançon participe durant l'été 1916 à la bataille de la Somme, combattant dans les tranchées des bois de la Vache et de Sophie, près d'Herbécourt (Somme).

Dans la nuit du 9 au 10 août 1916, harassés par la fatigue liée aux derniers combats et aux récents travaux de terrassement, une centaine d'hommes du 8ème R.I.C. s'insurgent contre l'ordre qui leur est donné de relever le 22ème R.I.C. aux tranchées de La Maisonnette (Biaches) : une manifestation éclate alors dans le but de forcer le commandement à leur accorder quelques jours de repos.

Arrêtés dès le lendemain par la prévôté de la 2ème D.I.C., Julien Lançon et une soixantaine de mutins du 8ème R.I.C. sont déférés les 4-5 septembre 1916 devant le conseil de guerre ordinaire de cette division siégeant à Verderonne (Oise) : quinze d'entre eux sont condamnés à mort pour « abandon de poste en présence de l'ennemi » et « révolte » (art. 213 et 217 du C.J.M.), mais seuls Sylvestre Marchera et Julien Lançon, considérés comme les principaux meneurs, ne peuvent bénéficier d'une commutation de peine.

Les deux hommes sont exécutés à Sarcus (Oise), le dimanche 22 octobre 1916 (6 h 30), et inhumés comme des parias, en bordure du cimetière communal de Sarcus (Oise).

L'acte de décès de Julien Lançon a été transcrit à la mairie de La Tour-d'Aigues (Vaucluse). Encore aujourd'hui, son nom ne figure sur aucun monument aux morts.

SOURCES :

  • Arch. Nat, 324MI11, fiches des NMPF.
  • SHD Vincennes, 22N2391, 1er CAC.
  • SHD Vincennes, 11J2805, JM 2 DIC.
  • La Provence, 11 novembre 2011.
  • Le Courrier picard, 11 novembre 2003.

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Tombes de Julien LANÇON et Sylvestre MARCHETTI au cimetière de Sarcus (Oise)

PASCAL (Henri)

Robion (Vaucluse) 25 novembre 1880.

Somme- Suippes (Marne) 4 octobre 1915,34 ans.

Fils de Joseph Gauthier Pascal et de Marie Faraud, il exerce à Robion (Vaucluse) la profession de journalier.

Conscrit de la classe 1900 (matricule N° 976 au recrutement d'Avignon), il effectue son service militaire au sein du 55ème R.I. en 1901- 1904. Rappelé sous les drapeaux au dixième jour de la mobilisation générale, il participe avec le 58ème R.I. aux premières offensives françaises en Lorraine (bataille de Dieuze, le 20 août 1914), ainsi qu'au repli qui s'ensuit sur la région de Lunéville (Meurthe-et-Moselle) et la Marne (5- 13 septembre 1914).

Henri Pascal combat par la suite en forêt d'Argonne ainsi que dans le Saillant de Saint-Mihiel (secteur de Malimbois). Légèrement blessé en 1915 à Verdun (Meuse), il retrouve le front un peu plus tard avec le 415ème R.I. Condamné le 24 juillet 1915 à deux mois de prison pour « abandon de poste », il est versé trois jours plus tard à la 2ème compagnie du 52ème R.I. avec laquelle il combat dans la Somme (Lihons, Maucourt) et en Champagne (Perthes).

Porté manquant le 25 septembre 1915 au soir (20 h 00), jour de déclenchement d'une attaque d'envergure (1 ) sur la cote 193 (Tahure), Henri Pascal est arrêté deux jours plus tard par des gendarmes à cheval sur la commune de Tilloy-Bellay (Marne). Ramené le 29 septembre 1915 au cantonnement de son corps à Cabane et Puits ( 2 ), il est suspecté d'abandon de poste et déféré, le 4 octobre 1915 (8 h),

devant un conseil de guerre spécial du 52ème R.I.

Interrogé, Henri Pascal livre quelques explications à propos de son escapade :

  • À quel moment avez-vous quitté la compagnie ?
  • Je suis sorti avec la compagnie au moment de l'attaque et me suis arrêté à la deuxième tranchée allemande. Là, j'ai perdu la compagnie et suis revenu à Cabane et Puits où j'ai accompagné des prisonniers.
  • Qui vous avait donné l'ordre d'accompagner des prisonniers.
  • Personne.
  • Qu'avez-vous fait à partir de ce moment-là ?
  • Je suis resté un certain temps à Cabane et Puits, ensuite je suis allé à l'arrière et les gendarmes m'ont pris.
  • Quelles sont les raisons pour lesquelles vous avez quitté la compagnie ?
  • Quand j'ai vu tomber des hommes, je n'ai plus eu le courage de marcher en avant.

Condamné à mort pour « abandon de poste en présence de l'ennemi », Henri Pascal est fusillé le jour même du jugement (10 h 30), à Cabane et Puits (Somme-Suippe).

Son acte de décès a été transcrit à la mairie de Robion (Vaucluse) le 29 mars 1916.

Aujourd'hui inhumé dans la nécropole nationale de Somme-Suippe (Marne), son nom ne figure sur aucun monument aux morts.

SOURCES :

  • Arch. Nat, 324MI14, fiches des NMPF.
  • SHD Vincennes, 26N644/1, JMO 52e RI.
  • SHD Vincennes, 11J3188, JM.

( 1 )  Cette attaque qui débute le 25 septembre 1915 au matin (9 h 15), est à rattacher à la seconde bataille de Champagne.

( 2 ) Aujourd'hui positionné en bordure sud du camp militaire de Suippes, Cabane et Puits était en 1915 un lieu de repos pour les troupes mais, aussi un endroit où étaient installés plusieurs postes de commandement. Il était situé à 2 kilomètres au nord-est de Somme-Suippe (Marne) sur le Mont Barrault.

TRIAT (Paul Marius Alexis)

Mornas (Vaucluse) 14 décembre 1890

  Lunéville (Meurthe-et-Moselle) 19 septembre 1914, 37 ans. Fils de Joseph Triât et de Victoire Berthe Reynard.

Soldat de 2ème classe au 23ème B.C.A. (matricule N° 1129 au recrutement d'Avignon), il est condamné à

la peine capitale pour « abandon de poste en présence de l'ennemi », et fusillé le 19 septembre 1914 dans la région de Lunéville (Meurthe-et-Moselle).

Aujourd'hui inhumé dans l'ossuaire N° l de la nécropole nationale de Friscati, à Vitrimont (Meurthe-et-Moselle), son nom ne figure sur aucun monument aux morts.

SOURCES :

  • Arch. Nat, 324MI18, fiches des NMPF.
  • La Provence, 11 novembre 2011.

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Date de création : 21/09/2016 @ 23:33
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