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 « Pour en finir avec Dieu »

de Richard Dawkins (Robert Laffont)


« Nous devons respecter la religion de l’autre, mais seulement dans le sens et dans la mesure où nous respectons sa théorie que son épouse est belle et ses enfants sont intelligents. » H.L. Mencken

« Quiconque veut être chrétien doit arracher les yeux de sa raison. » Luther

« Il n’y a pas de quoi s’excuser d’être athée. Bien au contraire, il faut en être fier, et regarder la tête haute, droit devant soi, vers l’horizon au loin, car l’athéisme est presque toujours

la marque d’une saine indépendance d’esprit et, à vrai dire, d’un esprit sain. » R. Dawkins

« Non, je ne sache pas que les athées doivent être considérés comme des citoyens

ni comme des patriotes. Nous sommes une nation unie devant Dieu. » G.W. Bush père.
 

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pour-en-finir-dieu.pngScientifique de haut niveau, professeur à Oxford, auteur à succès   d’ouvrages   comme   «   Le   gène   égoïste   »  et « L’horloger aveugle », Richard Dawkins - surnommé par ses pairs le « rottweiler de Darwin » - se livre dans son dernier ouvrage, « Pour en finir avec Dieu », à un plaidoyer vibrant pour l’athéisme, démontrant par la méthode du matérialisme scientifique, « l’inanité des arguments utilisés par les religions pour tenter d’expliquer le monde d’une façon conforme à ce qu’affirment leurs écritures et leurs traditions »¹.

Dans ce livre, vendu selon son éditeur à 15 millions d’exemplaires dans le monde, les libres penseurs trouveront de quoi les conforter dans leur opinion, et une mine d’arguments. Agréablement écrit, il mêle anecdotes et analyses scientifiques qui réclament plus d’attention. Son argumentation est étayée de nombreuses citations donc vous pouvez lire ci-dessus un florilège…

En France, nous sommes loin de nous douter de l’emprise effarante des religions dans la société américaine. Selon une étude citée par l’auteur 80 % des citoyens américains prend les prescriptions de la bible au pied de la lettre, sans le moindre recul. Nous avons tous entendu parler des luttes   des   créationnistes   contre    les    darwinistes,  de l’« intelligent design », de l’omniprésence des prédicateurs de tout poil sur les réseaux TV… À travers de nombreuses anecdotes, l’auteur nous rend palpable une telle situation. L’ouragan Katrina dévaste-t-il la Nouvelle- Orléans ? Châtiment divin, éructe un prédicateur à la mode : les habitants n’avaient pas à accueillir dans leur ville telle actrice réputée lesbienne ! On pourrait en rire, la suite est moins drôle : voulant organiser une manifestation contre un guérisseur chrétien qui menait une  « croisade des miracles », l’auteur David Mills² informa la police de son intention et s’entendit entre autre répondre par un responsable : « Va au diable, mon gars. Y a pas un policier qui va protéger un foutu athée. Avec un peu de pot, tu vas te faire saigner dur. »

Pour l’auteur, les religions bénéficient d’un traitement préférentiel. Le label « religion » permet à n’importe quelle croyance de voir adopter à son égard des comportements pleins de révérence et de respect, fut-elle des plus choquante. Dawkins démontre que cette tolérance béate est le socle de tous les extrémismes. Exemple semi- comique (?) : une secte venue du Mexique a obtenu le droit de consommer des champignons hallucinogènes, normalement interdits, nécessaires selon elle à l’accomplissement de son rituel…

Dans un autre chapitre, l’auteur revient sur les textes   dits « sacrés », en particulier la Bible. Selon lui, tout le monde devrait l’avoir lue afin de bien prendre la mesure de l’inanité du texte, de ses incohérences et de tout ce qu’il véhicule en cruauté, intolérance… Bien des croyants risqueraient d’y laisser leur foi !

Dépoussiérez donc votre vieille Bible et lisez dans le livre des Juges (19:29), l’histoire du lévite qui se rendait à Givéa avec sa concubine qui se fait violer par tout le village... On vous expliquera peut-être que le texte de la Bible doit être pris dans un sens symbolique… !

La fougue de Dawkins n’épargne rien, ni talibans chrétiens (ce sont ses mots), ni talibans islamiques, ni même le bouddhisme, réputé religion « soft » : vous souffrez ?  Tant pis pour vous, expiez donc maintenant quelque affreux péché commis dans une vie précédente.

L’auteur évoque également la morale, l’enseignement, la maltraitance de l’enfant due aux pratiques religieuses. Vous apprendrez peut-être que des religions continuent à émerger : ainsi les « Cultes du Cargo »³, religion qui s’est développée dans les îles du Pacifique à la fin de la deuxième guerre mondiale…

En refermant ce livre, vous penserez sûrement que nous avons bien de la chance de vivre dans un pays dans lequel persiste une solide tradition laïque, s’appuyant sur le corpus philosophique du siècle des Lumières, et que nous devons défendre plus que jamais la loi de 1905 de séparation de l’Eglise et de l’Etat et notre système d’instruction publique, qui bien que menacés de toute part, permettent de lutter contre l’obscurantisme toujours menaçant que prétendent instaurer les religions, quel que soit le nom qu’elles se donnent. Vous serez peut-être aussi surpris de voir que bien peu des livres cités dans l’imposante bibliographie ont été traduits en français…

Robert Maraval  (janvier 2009)

P.S. Le 19 septembre, le site internet de Richard Dawkins a été interdit en Turquie, suite à l’intervention de M. Oktar, musulman créationniste. Celui-ci a échoué à faire interdire le livre de Dawkins (source Télégraph).

M. Oktar est plus connu sous le nom de Harun Yahia, auteur d’un « Atlas de la Création », résolument anti-darwiniste, qui défraya naguère la chronique.

  1. J.P. Baquiast , dans le blog d’Automates intelligents.
  2. Auteur de « Atheist Universe »
  3. Apparus à l’arrivée des Européens, à la fin du dix-neuvième siècle, simultanément et sous des formes similaires dans des îles du Pacifique qui n’avaient aucun contact entre elles, les Cultes du Cargo se sont surtout développés à la fin de la deuxième guerre mondiale. Lors de la guerre du Pacifique, les navires ravitailleurs américains débarquaient des richesses innombrables. Il suffisait d’un appel radio, et le cargo venait. Les indigènes témoins de l’événement en ont déduit qu’il s’agissait d’un culte aux dieux, qui à leur tour fournissaient vivres et matériel. Après le départ des Américains, les indigènes se sont mis à imiter leur comportement, édifiant des stations radio factices, appelant et attendant le Cargo qui leur apporterait des richesses, développant ainsi de nouveaux rituels religieux. Cette forme religieuse était supposée éteinte dès le début des années 80, mais en 2005, le gouvernement de Papouasie- Nouvelle-Guinée a fait procéder à l’arrestation de 320 pratiquants de ce culte.

Date de création : 14/02/2017 @ 17:34
Catégorie : Notes de lecture -
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