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« Et si Dieu n’aimait pas les noirs ? »

de Serge Bilé et Audifac Ignace  - éditions Pascal Galodé


« Qu’est-ce que j’en ai à foutre de votre cardinal ! » (un vigile blanc du Vatican empêchant le père Rouamba de porter secours au cardinal Zoungrana du Burkina Faso qui se sentait mal)

« On est là, en fait, comme des alibis, pour faire croire que l’Eglise est universelle… Benoit XVI est au courant, mais il ne fait rien. C’est choquant ! » (un vigile noir du Vatican)

dieu-noirs.jpgS’il est une tradition de l’Eglise qui plonge loin dans les tellement vantées « racines chrétiennes », c’est bien celle du racisme anti-noir.

Encore une fois, il faut relire le livre le plus lu, traduit et commenté au monde : la Bible. On apprend dans la Genèse (Genèse 9,22) que Noé, rentrant de sa vigne ivre mort, ôte ses vêtements. Cham, son fils, aperçoit par mégarde la nudité de son père. Voilà donc Cham, le supposé père des races noires, maudit et sa descendance vouée à  tout jamais à l’esclavage…

D’après Robert Graves, dans son livre « Les mythes hébreux »¹, Noé rajoute encore : «… les enfants de Canaan naîtront vilains et noirs ! …les cheveux de tes petits enfants s’entortilleront jusqu’à devenir crépus, …ils iront  tout nus et leur membre viril s’allongera ignominieusement … »

Nous pouvons également méditer cet extrait du Cantique des Cantiques, traduit à quelques années d’intervalle :

« Je suis noire, mais je suis belle, ô filles de Jérusalem… » (traduction traditionnelle.) ; « Je suis noire et je suis belle, ô filles de Jérusalem… » (même passage, traduction modernisée prudente…), choisissez votre version…

Dans ce petit livre, les auteurs mènent une enquête minutieuse sur les pratiques de ségrégation à l’égard des noirs à l’intérieur même du Vatican. Les limites de l’ignominie et du sordide sont vite dépassées. Les prêtres noirs venus à Rome parfaire leur formation ne bénéficient que d’un médiocre soutien financier, et se voient contraints de faire des petits boulots pour survivre (Mac Do est là…), allant parfois jusqu’à célébrer des messes… au noir et deviennent souvent des sans-papiers.

La situation des religieuses africaines est beaucoup plus dramatique : elles servent souvent de main d’œuvre bon marché dans les couvents. Quelques-unes d’entre elles se voient obligées de se prostituer pour obtenir leur "permis de séjour religieux", payer leur logement, leurs livres. Parmi leurs clients, curés italiens ou africains abondent.

L’exemple vient d’en haut : le 26 juin 1944 l’ambassadeur de Grande-Bretagne près le Saint-Siège reçoit de Pie XII la demande suivante : « Le pape espère qu’il n’y aura pas de soldats de couleur au sein des troupes alliées  qui seront déployées à Rome après la libération. » Les auteurs rappellent ensuite que Pie XII, quand il était nonce apostolique en Allemagne, « s’était distingué en s’associant avec la campagne de dénigrement orchestrée par les nazis contre les soldats noirs de l’armée française stationnés dans leur pays, qu’ils accusaient d’être des violeurs en puissance. »

Tout au long de son histoire l’Eglise a eu une attitude discriminatoire à l’égard des noirs. Si trois papes noirs ont été élus dans les premiers siècles, ils sont toujours représentés blancs. De même le premier saint noir : Maurice, officier romain décapité pour avoir refusé de participer à un massacre… En récompense de leur bonne conduite, il leur a été accordé de blanchir, voyons ! À l’inverse un « méchant » sera vite noirci par ses péchés.

Aimé Césaire, lui, ne se faisait pas d’illusions sur l’Église qui a toujours méprisé, rabaissé les noirs, justifié l’esclavage. Il déclarait en 1944 : « En réalité, pendant quatre siècles, l’Église s’est fort bien accommodée de notre esclavage, à nous les nègres. Et si nous sommes, à l’heure qu’il est, des hommes libres, ce n’est pas à elle que nous le devons. Bien entendu, un pape par siècle vient faire quelques jérémiades sur les malheureux « frères   noirs ». Paul III au XVIème siècle, Urbain VIII et Innocent X au XVIIème siècle, Benoît XIV au XVIIIème siècle, Grégoire XVI au XIXème siècle. Vous voyez comme tout s’arrange. Une fois par siècle [c’est long un siècle], le pape condamne en termes plus ou moins voilés. Sa conscience satisfaite, il ferme les yeux et se croise les bras. » ²

La famille du poète martiniquais a refusé les obsèques religieuses.

Robert MARAVAL(mars 2009)

1 - Robert Graves, Les Mythes Hébreux, Fayard. Dans le passage Cham, fils de Noé est aussi appelé Canaan.

2 - Aimé Césaire et René Mesnil, Tropiques (Jean-Michel Place), cité par les auteurs.


Date de création : 13/02/2017 @ 16:43
Catégorie : Notes de lecture -
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