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Pour l’Europe - Robert Schuman

(Éditions Nagel)

« Il faut une âme à l’Europe. »
« L’Etat ne saurait méconnaître sans injustice ni sans dommage pour lui-même l’extraordinaire efficacité de l’inspiration religieuse dans la pratique des vertus civiques, dans la si nécessaire sauvegarde contre les forces de la désagrégation sociale qui sont partout à l’œuvre. »
« C’est étrangement méconnaître et restreindre la mission du christianisme que lui réserver uniquement la pratique du culte et des bonnes œuvres.
»

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Avec ses confrères Jean Monnet, Alcide Gasperi, Konrad Adenauer, Robert Schuman (1886-1963) a joué un grand rôle dans les débuts de la construction de l’Union européenne. Pour ceux qui auraient encore des doutes sur la justesse de la caractérisation de cette Union européenne comme « Vaticane » par la Libre Pensée, je conseille la lecture de ce recueil d’articles de Robert Schuman, en particulier celui titré « L’Europe, c’est la mise en œuvre d’une démocratie généralisée dans le sens chrétien du mot ».

Et Robert Schuman d’expliquer ce qu’il entend par « sens chrétien » du mot démocratie…

Il commence d’abord par se réfugier dans l’ombre d’Abraham Lincoln en citant sa célèbre phrase : « La démocratie est le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. »

Mais bien vite Robert Schuman exécute une pirouette remarquable pour retomber sur ses pieds chrétiens. Il trempe sa plume dans l’encre bénite et explique : « La démocratie doit son existence au christianisme. Elle est née le jour où l’homme a été appelé à réaliser dans sa vie temporelle la dignité de la personne humaine, dans la liberté individuelle, dans le respect des choix de chacun et par la pratique de l’amour fraternel à l’égard de tous. Jamais avant le Christ pareilles idées n’avaient été formulées. La démocratie est ainsi liée au christianisme doctrinalement et chronologique- ment. »

Continuant dans la même veine, il s’inspire du philosophe chrétien Jacques Maritain : « Le christianisme a enseigné l’égalité de nature de tous les hommes, enfants d’un même Dieu, rachetés par le même Christ, sans distinction de race, de couleur, de classe, de profession… sur l’amour et la charité reposent depuis les relations sociales dans le monde chrétien. »

Des philosophes, des politiques, de simples individus ont-ils essayé de s’émanciper de la tutelle de l’Église, rien à faire, car de toute façon pour Robert Schuman nous serions des privilégiés qui « bénéficions d’un héritage chrétien atavique. » Il ajoute « Les notions chrétiennes ont survécu et agi dans le subconscient d’hommes qui avaient cessé de pratiquer une religion dogmatique, mais qui continuaient de s’inspirer de ses grands principes. » Il fallait oser ce qui suit :

« Les rationalistes du 18° siècle ont proclamé et popularisé les droits de l’homme et du citoyen qui sont d’essence chrétienne. » Les papes, les princes de l’Église, tous les inquisiteurs n’étaient visiblement pas au courant…

Quelquefois plus prudent, Robert Schuman reconnaît la lenteur et les longs tâtonnements dans le processus d’émergence de la démocratie, mais évacue totalement la responsabilité de l’Église dans le retard pris par l’évolution de l’humanité. Et ceux qui ont eu la drôle d’idée de vouloir accélérer le mouvement ont souvent chèrement payé leur impatience.

Si, contrainte et forcée par les circonstances, l’Église a dû reculer, des écrits comme ceux de Robert Schuman sont là pour nous rappeler à la vigilance. Force est de constater que les dirigeants européens actuels sont restés fidèles à l’esprit insufflé par Robert Schuman.

Robert Maraval - Août 2014

Nb :


  • Les articles recueillis dans ce livre sont précédés d’un hommage (appuyé) de François Mitterrand, qui en profite au passage pour rappeler fièrement qu’il a participé à un gouvernement Schuman. D’autre part, il existe une réédition plus récente préfacée cette fois par Jacques Delors. Je ne l’ai pas lu, mais ça doit être bien…
  • Une association strasbourgeoise milite pour la béatification de Robert Schuman, mais comme on ne peut (pour l’instant) lui attribuer de miracle, il n’a droit qu’au titre de « Serviteur de l’Église ».

Date de création : 10/02/2017 @ 07:54
Catégorie : Notes de lecture -
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